L’apparence des cuirs marins est parfois très proche de celle de certains cuirs exotiques beaucoup plus connus, tels que le cuir de serpent ou de crocodile… Les écailles des peaux de poisson peuvent ainsi rivaliser en beauté avec celles de ces peaux très prisées (mais désormais abandonnées par certaines grandes marques de luxe, car provenant de circuits opaques en termes d’éco-responsabilité et de protection des espèces).

L’une des caractéristiques la plus fascinante des peaux de poissons, c’est leur caractère unique. Aucune ne se ressemble. Même si elles sont reconnaissables pour un œil d’expert, les écailles demeurent très différentes, même au sein d’une même espèce. De plus, les imperfections de la peau sont parfois un gage de qualité supplémentaire.

Revenons sur les caractéristiques des différentes peaux de poissons. L’une d’elles vous correspond forcément !

#1 – Le Galuchat : le cuir de poisson le plus connu

Quand on parle de « cuir de poisson », beaucoup pensent tout de suite au Galuchat. C’est en effet le plus connu des cuirs de poissons, historiquement parlant : mais attention, le galuchat n’est pas une espèce de poisson, c’est un type de cuir. Il tient son nom, Jean-Claude Galluchat (1689-1774), qui a su inventer un procédé pour le tanner. Le galuchat désigne désormais les cuirs issus d’espèces de poissons cartilagineux (raie notamment, mais aussi roussette). Une fois tannées et travaillées, leurs écailles donnent un résultat très particulier : on les dirait « perlées ». Et pour cause : la peau de ces poissons est recouverte de perles de silices. Cela rend le travail de ce cuir assez complexe mais le résultat est sublime. Les imperfections ajoutent encore à la qualité de cette matière qui opère depuis quelques années un retour en force chez les designers. On l’utilise beaucoup en maroquinerie et pour la conception de chaussures de luxe, mais aussi en ébénisterie pour orner certaines surfaces de meubles.

#2 – Le cuir de saumon : souple, résistant, polyvalent

Le cuir de saumon présente des écailles fines, qui le rendent particulièrement élégant. D’une épaisseur de 0,6 mm, sa peau est très souple, il est aussi étonnamment solide et du coup très polyvalent. Un autre de ses points forts est de très bien réagir à la coloration, ce qui permet beaucoup de créativité. Toutes ces qualités en font l’un des cuirs de poisson les plus utilisés. Il provient notamment de fermes d’élevage, en Islande et en Norvège mais aussi en Ecosse, au Canada ou encore au Chili.

#3 – Le cuir d’anguille : à la fois lisse et plissé

L’anguille est un poisson sans écailles : sa peau présente un aspect brillant. Après tannage, on obtient un cuir fin et texturé, lisse par endroit, et avec des plis à d’autres, avec un effet « plissé ».

#4 – Le cuir de morue : une peau très fine mais si solide…

C’est l’un des cuirs les plus fins, avec une peau dont l’épaisseur est d’environ 0,4 mm. Le cuir de morue, d’apparence plutôt brute est pourtant aussi très résistant, notamment aux déchirures : on peut assembler les peaux pour obtenir des pièces plus grandes.

#5 – Le cuir de pirarucu : une matière à la mode venue d’Amazonie

Les écailles du cuir de Pirarucu sont assez larges et marquées. Il s’agit de peaux relativement épaisses (2,2 mm) par rapport à celles d’autres poissons. Le pirarucu est le plus gros poisson d’eau douce d’Amérique du Sud. L’ONG brésilienne « Instituto – e » a mis en place une politique de pêche respectueuse, pour un usage alimentaire. La peau, déchet de cette industrie, est récupérée pour être utilisée pour la fabrication du cuir. Les créateurs adorent ce cuir en particulier, qu’on a pu voir sur les podiums de certains créateurs lors de défilés de mode pendant les fashion weeks. (lien vers article Courrège)

#6 – Le cuir de perche : une peau belle et « brute »

La peau de perche est très résistante. On la reconnaît grâce à ses écailles larges et rondes. Le cuir de perche présente une texture assez rugueuse, surtout si on décide de laisser les écailles « ouvertes ». On peut préférer les vernir pour un rendu beaucoup plus lisse.

#7 – Le cuir de truite : une peau somptueuse

Douce, élastique et résistante : ce sont les mots employés par un éleveur de truites du pays Basque, pour décrire la peau de ce poisson habitué de nos assiettes. Le cuir de truite intéresse de plus en plus l’univers de la maroquinerie : porte-cartes et portefeuilles sont notamment créés à partir de ces peaux où les écailles laissent une empreinte à la fois discrète et pleine de caractère.